L’appel d’Angers pour l’unité de la droite

Il est temps. Il est temps de tracer un nouveau chemin, d’en finir avec des années de terreur intellectuelle qui interdisait toute pensée non conforme au catéchisme de la gauche « morale ». Il est temps de fonder une grande alliance de droite, parce qu’il est temps de donner enfin la victoire au peuple, à notre peuple. Il est temps d’être lucide : en 2018, les droites françaises ne peuvent plus continuer à jouer leur partition en solo et à refuser toute alliance. Ni les Républicains, délestés de leurs alliés centristes, ni le Front national toujours cornerisé, ni non plus les partis euro-critiques ne pourront l’emporter seuls. Et pourtant, ils restent désunis alors que beaucoup de choses les rapprochent sur l’essentiel. Il est temps de faire passer le pays avant les partis.

 

 

Travailler et se rassembler autour de l’essentiel

 Il est temps de dire les choses sans détours : notre pays ne peut plus se payer le luxe d’affrontements politiciens stériles. Ceux-ci ne peuvent que nourrir l’indifférence voire l’hostilité des Français à l’endroit des « politiciens » quels qu’ils soient. Si les hommes et les femmes de droite n’en prennent pas conscience, la France sera condamnée à être dirigée par Emmanuel Macron ou un de ses semblables pour de longues années encore…

Il est temps de regarder la réalité : la droite est majoritaire dans les profondeurs de notre nation mais minoritaire lors des rendez-vous électoraux. Pourquoi ? Parce qu’elle est artificiellement divisée en partis alors que ses électeurs partagent largement des idées essentielles :

– la défense de notre culture, de notre identité (contre l’immigration de peuplement et le multiculturalisme) et de notre patrimoine hérité (contre l’impérialisme islamique et le constructivisme laïcard) ;

– la restauration de l’autorité de l’État notamment en matière de sécurité (en opposition à la culture de l’excuse) et de contrôle des frontières (par opposition au mondialisme qui nie la réalité des nations) ;

– l’affirmation de la souveraineté conçue comme un moyen et non une fin (contre l’européisme béat mais au service d’une Europe enracinée) et de la puissance de la civilisation européenne dans le cadre d’une conception réaliste (et non idéaliste) des relations internationales ;

– la promotion des libertés, notamment économiques, des corps sociaux (contre l’étatisme bureaucratique et fiscaliste) par l’application du principe de subsidiarité ;

– la préservation d’une conception traditionnelle en matière de bioéthique et de politique familiale (contre le progressisme sociétal sans limite et le matérialisme dans les relations humaines) afin de protéger la dignité de chaque personne.

C’est sur la base d’une plateforme commune de ce type que la droite doit travailler à son unité.

Remettre la France dans le « sens de l’histoire »

Nous savons bien que ce qui fait l’histoire c’est la volonté des hommes, c’est l’intelligence des hommes, ce sont leurs passions bonnes et parfois mauvaises. Alors que notre famille s’entre-déchirait, le camp d’en face, celui des prétendus « progressistes », a réussi à dévorer tout l’espace, qu’il soit politique, culturel ou médiatique. Nous lui avons tout ou presque abandonné. Au point qu’être de droite, se sentir de droite, penser en homme de droite est devenu une sorte de dissidence, y compris au sein des partis dits de droite. Et, ce, alors que le mouvement des idées s’est inversé : depuis la chute du mur de Berlin, le socialisme est disqualifié et le nouveau contexte politique et géopolitique (mondialisation incontrôlée, perte de repères dans la construction européenne) donne raison aux idées authentiquement de droite.

Mais les temps changent. L’histoire s’accélère. L’immense peuple de droite, la majorité silencieuse, n’attend qu’un signe pour se réveiller ! Déjà, dans toute l’Europe, de la Pologne à l’Italie, en passant par les pays de l’ancienne Autriche-Hongrie, des coalitions de droite s’organisent, progressent, prennent le pouvoir. Il est temps d’en prendre conscience : nous sommes à l’ère des possibles, les murs du politiquement correct se fissurent. Allons-nous demeurer spectateurs ? Non, la France ne peut pas rester au bord du chemin.

             Agir concrètement pour l’unité

Un certain nombre d’entre nous se sont déjà réunis à Angers, le 27 mars dernier, à l’initiative du « Cercle Anjou Conférences », pour débattre, en public, des conditions de réalisation de l’unité de la droite actuellement éparpillée entre différentes organisations qui doivent passer par-dessus leurs habitudes, leurs ambitions et leurs intérêts. Cette réunion en appelle d’autres pour répondre à l’aspiration du peuple de droite : continuer à décloisonner en élargissant encore, sans exclusive d’origine, les participants ; poursuivre les rencontres pour apprendre à se connaître et favoriser les rapprochements locaux et nationaux ; approfondir la réflexion pour favoriser l’émergence d’un programme crédible.

Il est temps, il est plus que temps que les hommes et femmes de droite de bonne volonté fassent un pas les uns vers les autres et trouvent les moyens de faire naître un grand mouvement de droite réunissant des personnes (électeurs, militants, cadres et élus) venant de toutes les actuelles organisations mais réunies par un même amour de la France. La digue bâtie par la gauche « morale » est sur le point d’être submergée. Alors, que chacun prenne ses responsabilités et fasse les compromis nécessaires. Les querelles d’égo et les stratégies partisanes doivent céder devant le bien commun de la France.

Il est temps que naisse une droite du réel, une droite à nouveau connectée avec la vie de notre peuple. Cette France-là, cette France du quotidien, n’a que faire du cirque politique. Cette France du réel veut une droite qui lui corresponde. Elle veut une grande alliance, pragmatique, construite autour de quelques principes fondamentaux. Cette France, il est temps de la mettre au premier plan. Pour cela, aucun doute possible, il est temps que la droite trouve son unité pour gagner et, une fois au pouvoir, tenir parole !

 

Liste des premiers signataires :

– Charles BEIGBEDER, entrepreneur, élu de Paris 

– Georges BELMONTE, conseiller municipal de Saint-André-de-Cubzac (Gironde), Pour la France

– Véronique BESSE, maire des Herbiers, Présidente de la communauté de communes du Pays des Herbiers (Vendée), député honoraire 

– Arnaud BOBET, conseiller municipal de Saint-André-de-Cubzac (Gironde), Pour la France

– Jacques BOMPARD, maire d’Orange (Vaucluse)

– Christine BOUTIN, ancien Ministre 

– Hervé CLUZEAU, conseiller municipal de Générac (Gironde), Pour la France

– Nicolas DHUICQ, maire de Brienne-le-Château (Aube), député honoraire

– Jean-Louis DUMAS, Pour la France

– Jean-Jacques EDARD, maire de Cavignac (Gironde), Président de Pour la France

– Pascal GANNAT, conseiller régional (Pays de la Loire)

– Martine HOSTIER,  adjointe au maire de Cézac (Gironde), Pour la France

– Hervé de LEPINAU, conseiller municipal, conseiller départemental (Vaucluse)

– Marie-France LORHO, député (Vaucluse) 

– Thierry MARIANI, ancien Ministre 

– Emmanuelle MENARD, député (Hérault)  

– Robert MENARD, maire de Béziers (Hérault)

– Charles MILLON, ancien Ministre 

– Dominique MONNET, ancien premier-adjoint de Bourg-sur-Gironde (Gironde), Pour la France

– Bruno NORTH, entrepreneur, Président du CNIP 

– Karim OUCHIKH, conseiller municipal, conseiller régional (Île-de-France), Président du SIEL 

– Jean-Frederic POISSON, député honoraire, maire-adjoint de Rambouillet (Yvelines), Président du PCD 

– Christian VANNESTE, député honoraire, Président du RPF et de La droite libre